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PROJET CONCHYLICULTURE LOSCOLO - par DB le 2016/04/05 11:00

Synthèse du projet Loscolo  - Etude réalisé par l’entreprise Techmar

 

Contexte
 

Une première approche chiffrée sur le monde de la conchyliculture avant d’aborder le contenu du dossier Techmar. Il existe en France 3500 entreprises pour 2000 hectares dont 20% sont réservés à la mytiliculture

130 000 tonnes d’huîtres

60 000 tonnes de moules

20 000 tonnes de moules en Bretagne Nord

3000 tonnes de moules à Penestin

L’élevage en suspension (filières), surtout pour les huîtres, commence dès le 16 siècle au Japon. En France ce type de production débute dans les années 1970 en méditerranée pour les moules puis se développe les années suivantes sur toute la façade océanique et manche.

Le site de Frontignan, en pleine mer, produit 10 000 tonnes en 1995. Mais en 2001, la daurade, principal prédateur, fait un ravage et de nombreuse entreprises arrêtent leur production. Après une faible reprise, l’Espagne, la Grèce et l’Italie sont sur le marché et concurrencent la production française aux coûts plus élevés . L’île Dumet, autre exemple, est un site en partie délaissé car peu abrité.

En 2000 le Dinophysis est présent avec un seuil sanitaire élevé, donc dangereux pour la santé, sur trois sites en particulier : l’estuaire de la Seine, la baie de Vilaine et les étangs de Bages et Sigean dans le Roussillon.

En 2010 Le record absolu est atteint en Baie de Vilaine, 25 fois au-dessus du seuil sanitaire.

Le projet Loscolo a fait l’objet d’une première étude en 2005 par l’entreprise OIKOS. Un questionnaire et des rencontres auprès de plusieurs mytiliculteurs ont permis un premier diagnostic sur les besoins de la profession.

L’entreprise Techmar y fait référence dans son étude.

L’étude ACA-LOSCOLO est rédigée en 2007. L’idée d’un « hameau nouveau intégré à l’environnement » se veut une réponse aux mytiliculteurs qui ont une responsabilité sanitaire, l’obligation d’utiliser l’eau de mer et éviter les diverses pollutions toute l’année, c'est-à-dire conserver une eau propre. Et pour certains, des espaces-ateliers plus grands.

Le projet selon Techmar

Le site choisi pour la faisabilité du « hameau » est lié à la qualité de l’eau. Deux sites sont favorables à l’exploitation pour la qualité de l’eau : le Bil et Loscolo

La surface des terres agricoles à proximité (20 hectares environ) permet une implantation relativement simple, éloignée des zones urbanisées. Les mobiles homes aux deux extrémités du site ne sont que des illusions urbaines. De 9 hectares urbanisés par le projet on peut toutefois les rajouter sur l’ensemble de cet espace agricole.

Le bureau d’étude confirme la qualité de l’eau par une observation visuelle (page 8) : « l’eau est claire donc propre ». On a le droit de sourire. Mais au prix de l’étude c’est moins drôle.
 

Les locaux

Plusieurs solutions peuvent être proposées. Les professionnels ont le choix entre des locaux collectifs comme le souhaite le GIE (à l’initiative du projet) permettant d’associer la production, la commercialisation, les conditionnements. Des locaux individuels, des locaux en location ou des locaux vides sans alimentation ni évacuation d’eau de mer pour ceux qui souhaitent se limiter à la vente en gros.

Les professionnels intéressés

Sur un total de 37 professionnels 19 répondent favorablement mais sans engagement. Les raisons évoquées sont les suivantes :

5 pour transmission entreprise

5 pour investissement

2 pour future retraite (sic)

2 pour créer une nouvelle entreprise

2 parce qu’ils sont jeunes (sic)

3 pour déménager

Cependant 9 sont réellement motivés ( page 30 )  : 3 du logo - 2 du lomer - 2 du scal - 2 autres ?

On peut dire 7 si on oublie les 2 autres

Les aides

Les subventions « aide au départ » sont limitées aux professionnels qui exercent leur activité au Logo et au Scal. Ceux du Lomer et tous les autres n’y ont pas droit. Ce qui limite une nouvelle fois le nombre des candidats mais ce n’est pas précisé. Par contre les mytiliculteurs (GIE) à l’initiative du projet , c'est-à-dire 5 professionnels , peuvent espérer une subvention. Donc des 37 professionnels au départ recensés, on est passé à 19 - puis à 9 - puis 7 - pour finir à 5 avec plus de certitude.

Il reste toutefois trente pages pour convaincre le lecteur de l’intérêt économique, environnemental et financier d’une zone d’activités conchylicoles de 9 hectares sur des terres agricoles.

Organisations et types de lotissement

Deux propositions : vente de parcelles individuelles avec bâtiments ou vente sans bâtiments.

Deux problèmes : risque de bâtiments construits mais invendus ou risque de terrains vendus mais laissés en friches

Pas de solution (page 60) mais l’étude se poursuit.

Les axes routiers

Le choix de Loscolo est d’un intérêt supplémentaire, est-il précisé, pour la circulation des mytiliculteurs de leur point de production à celui de la transformation. Plusieurs cartes (page 63-64) tentent de nous convaincre que les distances sont réduites et que les routes empruntées sont plus pratiques.

Soit ils ont reproduit une même carte avec une ou deux couleurs supplémentaires en pensant que le lecteur y verrait une réelle différence, soit ils espèrent une lecture en diagonale du dit lecteur qui se contentera d’un visuel qu’il peut croire (comme aux infos TV) sans vraiment avoir besoin de l’analyser. Aucun intérêt.

Nous étions, en hypothèse basse, avec 9 mytiliculteurs pouvant être solidaires du projet. Mais certains (leur nombre n’est pas précisé) promettent de ne pas s’y associer s’il n’y a pas de nouvel accès du site de production à celui de la transformation (page 78).

On pense et on voit une falaise qui gêne. Il reste toutefois nos cinq et irréductibles associés. De solidaires on se rapproche de solitaires.

Pourtant page 71 aucun accès n’est vraiment adapté. L’étude confirme.

L’étude, à ce stade, préfère se concentrer sur les différentes techniques de pompages, les coûts de maintenance puis propose une solution (enfin) adaptée à l’environnement et aux nombres d’installations (bien qu’il n’y ait aucune certitude sur leur nombre).

Après cette parenthèse technique mais nécessaire car sans eau de mer pas de zone ACA - le prix de la maintenance annuelle est toutefois estimée à 25000 euros - l’étude revient sur l’organisation du site comme si toutes les questions laissées sans réponses n’avaient jamais été posées.

Organisations et types de lotissement

L’idée est donc reprise d’installer sur 9 hectares le projet suivant :

1 hectare de bâtiments ( 18 bâtiments de 500 m2 en moyenne - un bâtiment fait environ 18 mètres de large sur 30 m de long et environ 20 m de hauteur ce qui correspond à un immeuble de 3 étages.

Vue sur mer et vue de la mer car c’est la partie la plus élevée de la presqu’île de Larmor

1 hectare d’espaces verts +bassins

1 hectare de voiries

5 hectares de parcelles

+ déchetterie + maison de gardien + maison de la mytiliculture

Surfaces imperméabilisées 4 hectares. Le projet prévoit toutefois la réalisation d’une autre étude approfondie sur l’écoulement des eaux pluviales.

Coût des infrastructures globales sans les bâtiments (à la charge des mytiliculteurs) ni les routes d’accès (à charge de la commune)  : 2 500 000 d’euros (il y a dix ans). Aujourd’hui on peut raisonnablement l’estimer à 4 000 000 d’euros

Ne sont pas compris les frais d’études : fouilles archéo, études géotechniques, relevés topographiques, défrichages...

L’entreprise TECHMAR est aussi une entreprise de conseils, de bons conseils. Elle préconise de séparer la réalisation du « hameau » mytilicole de la réalisation concernant l’accès à la cale.

A ce stade, on comprend que ce dossier s’obstine à vouloir convaincre mais sans réels fondements.

L’étude conseille donc deux processus pour deux dossiers distincts. Le « hameau » sera réalisé en premier car « moins compliqué » (sic) et l’accès à la cale en second car « il pourrait y avoir des opposants » (sic)

En fin de dossier, après remplissage, il n’est toujours pas précisé si le projet est viable économiquement.

L’étude est financièrement trop faible pour espérer des subventions à l’échelle de ce projet

On devine cependant un désir de le faire aboutir mais sans de réels arguments ni solutions pérennes. Les chapitres sont très mal assortis. On passe parfois d’un sujet à un autre sans aucune volonté de clarification. L’étude paraît compliquée mais elle est plutôt dispersée sauf la partie technique concernant les différents systèmes de pompage, peut-être avec raison, et oblige le lecteur à des retours en arrière pour vérifier ou comprendre l’intention.

TECHMAR a tout de même conscience qu’il lui faut un minimum de sérieux pour paraître crédible. C’est en fin de dossier qu’elle énumère les démarches nécessaires pour l’aboutissement du projet. Etudes préliminaires, études environnementales, études d’impacts sont donc recommandées.

Le rapport TECHMAR est ici (pdf de 1MO)
 

Dominique Boccarossa
 



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